Prise de contact BMW 135i
Ecrit par Autoaubaine le août 25th, 2008 publié dans Général.
Disponible en Europe depuis déjà quelques années, la petite BMW Série 1 débarque en Amérique du Nord. Logiquement la Série 1 est la plus petite et la moins chère des modèles BMW, mais attention, la qualifier de bas de gamme serait faire preuve de snobisme injustifié. « Entrée de gamme » paraît plus approprié, quoiqu’au vu des prestations du petit coupé que nous avons conduit, on aurait bien envie de le classer quelques catégories plus haut.
Pour les amateurs de factualité, passons brièvement sur les spécifications et modèles. Les autres, vous pouvez sauter ce paragraphe sans remords.
La Série 1 est offerte en cabriolet ou coupé, avec le six cylindres 3L, atmosphérique (128i) ou bi-turbo (135i), développant respectivement 230 et 300ch. Le prix de base d’une 128i Coupé est de 33,900$, et une 135i Coupé se vend 41,700$cdn. Pour le cabriolet, il faudra alléger votre portefeuille de 6,000$ supplémentaires. Détail intéressant qu’a fait remarquer Mr BMW, le tarif canadien est supérieur d’à peine 4,000$ à celui des Etats-Unis. Attention quand même aux diverses options, les modèles que nous avons essayés disposaient de 16,000$ (!!!) d’options!
Après ces basses considérations pécuniaires, nous voici donc enfin au volant du coupé 135i, d’abord pour tester les éléments de sécurité active. BMW ne ménage d’ailleurs pas ses efforts, avec ABS, antipatinage, contrôle de trajectoire, mais aussi direction active et phares actifs qui suivent les courbes.
Sans surprise, impossible de prendre la voiture en défaut. Pied au plancher, 300ch et virage serré couvert de sable … l’électronique prend instantanément les commandes, coupe la puissance moteur, freine indépendamment chaque roue … et nous continuons entre les cônes, sans la moindre correction au volant. Rassurant.
La direction active en revanche, ne fait pas l’unanimité. Rappelons qu’elle permet d’avoir une démultiplication variable, selon la vitesse. Caricaturons pour bien saisir … à basse vitesse, un quart de tour de volant vous permettra de vous stationner, alors qu’à haute vitesse, le même quart de tour vous fera changer de voie en douceur. Alors effectivement, à vitesse de manœuvre on peut se stationner en gardant les deux mains sur le volant en tout temps, mais force est d’avouer que c’est assez déroutant à la conduite. Votre serviteur n’a pas aimé la réaction non linéaire du volant … mais son collègue a adoré pouvoir garder les mains sur le volant tout le long du parcours … « vraiment relax ». À vous de l’essayer avant de choisir l’option à 1,500$.
Par contre, lorsqu’on nous dit que la direction active amorce le contrebraquage d’elle-même en cas de perte de contrôle ou de fort vent latéral, pas d’hésitation, on approuve.
On a bien compris le message, BMW ne rigole vraiment pas avec la sécurité active.
En s’éloignant, on ne peut que regarder le petit coupé … la célèbre matrice active si chère à Chris Bangle, la ligne de caisse ou la calandre évoquant la 2002tii … et pourtant tout ce que l’on voit c’est un bébé-béhème, avec ses phares exorbités trops grands, ses proportions un peu trop râblées. C’est mignon, mais c’est quand même bizzarre, un peu comme un Gremlin. La nouvelle Série 1 Gremlin, c’est pas mal comme nom … non? Bref. Passons.
Nous avons été mis en confiance par les éléments de sécurité active, et nous voici au circuit autocross sur mesure mettant en valeur les qualités dynamiques de la voiture. C’est Mr. BMW lui-même qui l’a dit. Répartition des masses 50/50, portes-à -faux réduits, freins puissants … bla bla bla. On peut y aller?
Contact, démarrage … rien. J’appuie pourtant sur le bouton Start! Allons bon. Reprenons. Il faut appuyer sur la clef pour mettre le contact, ensuite sur le bouton pour démarrer … ah oui, le pied sur le frein. Bon. Le moteur prend enfin vie.
Avec 300ch sous le capot et la consigne d’appuyer sur la pédale de droite, ce n’est pas le moment de faire le difficile! Mr BMW me fait signe d’y aller.
Et c’est à ce moment que tout passe par la fenêtre … les éléments de sécurité active, la belle finition intérieure, les quelques réserves sur la direction active ou le style … plus rien ne compte, tout est occulté par le fantastique 3L biturbo (pour l’anecdote, c’est quand même le moteur international de l’année 2007 et 2008). Disponibilité dès les plus bas régimes, puissance explosive, sonorité rageuse absolument envoûtante … c’est le sans-faute! À chaque pression sur l’accélérateur, le petit coupé est instantanément propulsé en avant dans un son de furie. Depuis 1973 et la 2002 Turbo avec un délai de réponse qui se mesurait en cycles solaires, BMW a chamboulé les idées préconçues à propos des moteurs turbos. Désormais, c’est une réponse instantanée qui ne fait que s’intensifier jusqu’à la zone rouge. 100km/h arrive en 5.4s … il est temps de freiner (fort) et de prendre le virage (serré). Nous ne roulons pas comme des hooligans (enfin … pas trop) mais les réactions sur le circuit bosselé sont très saines et inspirent confiance, mais soyons honnêtes … tout ce qu’on veut c’est la ligne droite suivante! On se surprend même à prendre les courbes plus lentement uniquement pour pouvoir profiter un petit peu plus de l’accélération … quel moteur!
Ce qui ressort de ce trop bref essai, c’est que la 135i n’est pas tant une voiture qu’un moteur auquel BMW s’est arrangé pour greffer 4 roues, un volant et 4 sièges. Attention, comprenons nous bien, la voiture en elle-même est sans reproche, bien finie, confortable, agréable, au comportement efficace … mais sans contredit le 3L biturbo vole la vedette, et fait de cette 135i un véritable petit hot-rod à la sauce bavaroise que les amateurs sauront reconnaître.
 http://www.autosapien.ca/essais_routiers/5.html
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